EarMotion est né d'une question de recherche avant d'être un outil : que fait un auditeur quand il peut se déplacer dans un espace sonore, et que reste-t-il de cet espace dans sa mémoire ? Cette page rassemble le volet scientifique du projet — ce qui est étudié, avec qui, et où en sont les travaux.
Le travail se répartit sur quatre axes. Les deux premiers observent ce que fait un auditeur ; les deux autres composent l'espace qu'il traverse. Ils ne se suivent pas : ils s'alimentent, et c'est ce qui distingue une recherche-création d'une recherche appliquée à une œuvre.
Observer les trajectoires d'écoute comme on observe un regard : déplacements, arrêts, retours, surface parcourue. La trace devient le matériau, à la place du jugement recueilli après coup.
Ce que le mouvement fait à la perception : comment un espace sonore s'apprend en le parcourant, et ce qu'il en reste quand les repères visuels disparaissent.
Composer un lieu à écouter — la mise en espace du son pensée comme une écriture, dans la lignée des travaux de scénographie sonore, et non comme un réglage technique appliqué après coup.
Écrire pour un auditeur qui bouge : des sources qui ont une zone et un gradient plutôt qu'une position, et un mélange qui se recompose à chaque pas.
Domaines concernés : musique, sound design, danse, théâtre, cinéma, XR, muséographie. Le même corpus se déploie en salle, en dispositif hybride, ou entièrement virtuel.
Vers des descripteurs comportementaux de la perception de la spatialisation sonore : étude pilote art-science à orientation santé.
L'évaluation de la spatialisation sonore se fait le plus souvent auprès d'auditeurs immobiles, à qui l'on demande un jugement. L'étude renverse ce cadre : les participants naviguent librement, au doigt sur tablette, dans une carte sonore de neuf zones musicales et environnementales ; c'est leur trajectoire qui devient le matériau d'observation. Dans la version biphasique du protocole, l'affichage s'éteint à cent cinquante secondes — la navigation bascule alors vers la mémoire spatiale et les repères auditifs seuls.
Le corpus rassemble cent onze fichiers de séance, dont quatre-vingt-cinq trajectoires confirmées du protocole de navigation, soixante-quatre réponses à un questionnaire en six échelles, et trente-neuf séances appariées formant le sous-corpus d'analyse. L'analyse a été conduite en une seule passe depuis les données brutes, par un pipeline rejouable dont chaque choix de traitement est documenté. Les résultats et leur discussion figurent dans le manuscrit ; ils ne sont pas repris ici tant qu'il n'est pas soumis.
Diffusion ambisonique, mixages immersifs. Les participants écoutent dans la salle, sans casque : la spatialisation est réelle, pas simulée à l'oreille.
Le manuscrit n'étant pas soumis, il n'est pas diffusé en ligne. Le protocole, le pipeline d'analyse et les données dérivées peuvent être communiqués pour une lecture critique, une collaboration ou une réplication.
Écrire à contact@earmotion.net en précisant le cadre de la demande. Pour une question technique sur la plateforme elle-même, l'assistance répond plus vite.